Les Etats généraux de la restauration et l’annonce de la baisse de la TVA
constituent indéniablement l’un des temps forts de ce mois passé. Les restaurateurs étaient enthousiastes, leurs ministres aussi. L’ambiance à Bercy, parfois surchauffée. Sauf que, qui dit
baisse de TVA dit contrat de confiance. Un message scandé interminablement durant toute la journée, afin de bien faire comprendre aux restaurateurs qu’ils avaient désormais des devoirs :
baisse des prix, modernisation, 40 000 créations d’emplois. Et, c’est bien là que le bât blesse. Non contraints, certains professionnels considèrent déjà impossible la baisse des tarifs ou la
création d’emplois. Et, même si les prix chutent, cette diminution sera-t-elle significative au point de redonner du pouvoir d’achat aux Français ? Pour le moment, la messe n’est pas
dite. D’autant que la presse a été très nuancée dans ses propos. Ainsi, tandis que pour le Figaro, « Le restaurant sera moins cher en juillet » ! pour Le quotidien gratuit 20 Minutes, on
ironise en titrant : « L’Etat paie un coup aux restos ! » et Libération s’amuse avec : « Les restaurateurs se mettent à table » soulignant que le manque à gagner pour l’Etat est en effet
chiffré à 2 milliards d’euros, au moment où le gouvernement table déjà pour 2009 sur un déficit budgétaire de 104 milliards d'euros ! Si, l’heure est à l’optimisme, côté presse, le doute a donc
été semé dans l’esprit des Français. D’autant que les chaînes de télévision n’ont pas hésité à donner la parole à des restaurateurs réticents sur les possibilités réelles de remplir le contrat
de confiance. Il est donc d’ores et déjà évident que les Français ne vont pas, dés le premier juillet prochain, se ruer sur la restauration hors domicile. Pour les plus défavorisés, une baisse
de quelques centimes sur un café n’aura aucun impact sur leur budget. Pour les autres, ces baisses de quelques euros auront également peu d’effet. Et, le consommateur « in fine » va-t-il
réellement arbitrer en faveur des restaurateurs dociles qui porteront l’affichette concernant la baisse de prix, comme l’espère fermement Hervé Novelli ? Rien n’est moins sûr non
plus. En attendant le 1er juillet, alors que les syndicats déplorent en tous les cas des engagements « non contrôlables », on imagine que les Français auront d’autres soucis en tête que
la baisse de leur petit noir au comptoir. Avec l’arrivée de la première pandémie, ajoutée aux crises économiques et écologiques, le monde paie de plus en plus cher l’addition de la
globalisation !
Comportements
• Manger : un rituel en perpétuel mouvement
A l’heure où l’état cherche à dynamiser le secteur de la restauration, force est de constater que, plus que la crise économique, c’est la non adaptation de l’offre aux nouvelles habitudes
alimentaires qui déstabilise ce secteur. Souvent et régulièrement, nos pratiques changent et contribuent à ébranler le modèle culinaire français dont une grande partie des restaurateurs se sont
fait les garants. A leurs risques et périls.
• Qui a peur de voyager ? Flash sur les peurs au féminin
Rupture avec le quotidien, le départ a beau véhiculer un lot d’images positives, il n’en est pas moins porteur de craintes : illusions déçues ? Menaces réelles sur sa santé physique ou mentale
? Même dans le cas du plus standardisé des voyages, partir constitue donc un traumatisme que certains ne veulent pas subir. Plus vulnérables, les femmes sont plus craintives que les hommes,
dans la grande majorité des cas. Mieux vaut donc le savoir et en tenir compte !
• Les coffrets cadeaux se banalisent : leurs destinataires rechignent !
Les coffrets cadeaux comptent parmi les nouvelles « success stories » du secteur touristique. Avec plus de 40 opérateurs sur le seul marché français, ils enregistrent des progressions records :
68% pour Smartbox en 2008 ! Aubaine pour les acteurs du tourisme qui y trouvent un réseau de distribution supplémentaire, le coffret cadeau n’en est pas moins exempt de défauts.
Paradoxalement, pour celui qui le reçoit. Ce type de cadeau peut en effet s’avérer empoisonné pour un destinataire déboussolé… ! Analyse de nouveaux comportements vis à vis d’un produit
devenu ordinaire.
Tendances
• Girls friendly and only ! : la féminisation du tourisme s’amplifie
Alors que le premier Guide de la Voyageuse voit le jour en France, le tourisme au féminin poursuit son développement à travers le monde. Sous différentes formes. Progrès en matière de
segmentation et d’offre, ce tourisme, plus qu’une simple mode, apporte de vraies réponses à de vraies attentes. La France pourrait être plus active sur ce créneau.
• Des écotours aux « toxic tours » : les nouvelles façons de plaider pour l’environnement.
Pour les militants de l’environnement, toutes les tactiques pour amplifier la mobilisation contre la destruction de la planète, sont bonnes. Très sensibilisé aux problématiques
environnementales, le tourisme ne fait pas qu’œuvre de destruction, il est aussi un dénonciateur des dégâts commis par l’homme, sur toute la surface du globe. Parallèlement au tourisme
climatique, se développent donc les « toxic tours »…
Stratégies
• Less, menos, gratis… : Les destinations misent sur leur taux de change
Après les opérateurs privés, ce sont les gouvernements des destinations touristiques occidentales qui entament des stratégies de séduction vis à vis des touristes internationaux, avec un
nouveau positionnement : l’attractivité de leur taux de change ! En période difficile, pas question de laisser leur industrie aux seules mains des touristes nationaux. Pas question non plus de
laisser les pays émergents faire cavaliers seuls sur le créneau du « pas cher ». Un bouleversement qui en dit long sur la gravité de la situation économique !
Sociologie
• On the road again ! Une alternative à la crise
« Le moment est presque venu où les populations des pays occidentaux seront presque partout dans le monde chez elles. En revanche, les habitants des pays émergents ne seront presque nulle part
chez eux ! » Résumant les mobilités contemporaines, cette observation du philosophe Paul Virilio en souligne les contradictions. Surtout en période de crise !
Marchés
• Le niveau d’éducation augmente dans l’U.E
Le niveau d’éducation de la population européenne a augmenté régulièrement au fil des générations. En 2007, 30% des personnes ayant entre 25 et 34 ans avaient un diplôme de l’enseignement
supérieur, contre 25% parmi la génération précédente des 35-44 ans et seulement 19% parmi celle âgée de 45 à 64 ans. Une donnée qu’il convient de prendre en compte, aujourd’hui et surtout
demain.
Produits
• Maisons de vacances et crise : La loi Scellier arrive à point nommé
Par les temps qui courent, il ne fait pas forcément bon être promoteur et surtout promoteur d’immobilier de loisirs. Il ne fait pas bon non plus être vendeur d’un bien situé en zone
touristique. Les acheteurs n’ont pas le cœur à la dépense. La cause est entendue ! Heureusement, l’extension de la loi Scellier donne un coup de pouce à la remise en marche de certains
projets…