Janvier 2010. Numéro 121
2010 : LE JEU DES PRONOSTICS
En une époque où le futur peut réserver de mauvaises surprises plus que de bonnes, les médias dans leur ensemble, jouent le jeu des pronostics. Après une année pour le moins tourmentée, évolue-t-on
vers une amélioration économique ou le contraire ? L’industrie touristique surtout, va-t-elle sortir de son marasme et reprendre des couleurs ?
Au niveau mondial, l’OMT enregistre bel et bien une baisse de 4% des arrivées internationales en 2009, avec des chutes de l’ordre de 6 points pour l’Europe où le Royaume Uni et l’Espagne ont été
très malmenés, et de 5 points pour l’Amérique du Nord.
Mais, elle prévoit d’ores et déjà une hausse équivalente pour 2010. De quoi encourager une profession chahutée comme tant d’autres, par les turbulences. Sauf que c’est toujours sur l’Afrique -+5%
en 2009- et sur l’Asie que l’on compte pour renouer avec la croissance des déplacements internationaux.
La Chine bien entendu, malgré une année moyenne – 3% seulement d’augmentation- est considérée comme un réservoir de clientèles incomparable sauf que c’est aussi une destination rivale qui se
forge de l’autre côté de la grande muraille. Avec 127 millions d’arrivées, elle a certes connu une baisse de 3% l’an dernier mais, avec l’exposition universelle de Shaighaï, elle devrait de nouveau
progresser.. La Russie pourrait aussi reprendre des couleurs. Et, le Brésil plus que jamais est considéré comme une source formidable de nouveaux touristes.
Tandis que, malgré des déboires économiques, on envisage toujours l’émergence dans les rangs des grandes puissances économiques des fameux « Eleven Next », soit le Mexique, la Turquie, l’Indonésie,
la Pologne, l’Iran, le Nigéria…
Une consommation raisonnée
Si, sur le plan quantitatif, le futur est d’autant plus improbable que les vagues de licenciements sont loin de se tarir, sur le plan qualitatif, il est autant d’incertitudes. Les comportements des
populations voyageuses sur lesquels on a longuement disserté, ont-ils radicalement changé ou bien va-t-on reprendre de mauvaises habitudes de gaspillage dans un monde où les banques ne semblent pas
prendre le chemin de la moralisation ?
Là encore, les avis divergent. Mais, il semblerait que le consommateur que nous sommes évolue irrémédiablement vers des achats plus raisonnés, et plus sobres. Défiants vis à vis des grandes
enseignes et des institutions, surtout après les alertes sur médiatisées concernant la grippe H1N1, il est sur ses gardes et choisit la proximité, le marchandage ou encore –voir Touriscopie n°120-,
l’inventivité.
Avec la crise, nous ne consommons plus les yeux fermés. Nous réduisons nos dépenses. Nous laissons tomber certaines catégories de produits. Nous changeons nos habitudes. Et même si depuis peu notre
moral remonte légèrement, nous avons un peu moins envie d'acheter n’importe quoi !
« Bref, nous serions passés de la société de consommation à la satiété de consommation ». Et, nous aurions désormais envie de fraîcheur et d’ouverture…
Sommaire 121
VEILLE-COMPORTEMENTS
• Que sommes nous devenus ? Quelques idées sur le présent et l’avenir du touriste
En une décennie, le monde n’a pas changé du tout au tout. Les façons de voyager et de se distraire ont pourtant été soumises à quatre phénomènes majeurs : le développement d’internet et du
téléphone mobile, celui des low-costs et autres promotions, la révélation massive de la crise écologique et le 11 septembre. Le tout, entre une période économique euphorique et une crise économique
! Quelles sont les conséquences majeurs que ces phénomènes ont sur les comportements touristiques ? Nous tentons de les résumer…
• Le C. to C. : du consom’acteur au conso-vendeur
Après le B to C ou le B to B, l’heure est au C to C, c’est à dire au « Consumer to Consumer » ou au « conso-vendeur ». Une façon « participative » de faire du commerce qui en dit long sur
l’émancipation des individus dans nos sociétés et sur leurs capacités à sortir de leur passivité pour prendre en mains leurs modes de vie, leur production et leur consommation.
VEILLE-TENDANCES
• Du « je » au « nous » : le sens du collectif est-il de retour ?
Insensiblement, nous changeons d’époque. Bien que les valeurs dominantes restent le pouvoir, l’argent, la compétition, les avant-gardes cherchent à vivre autrement et à privilégier
d’autres valeurs. Fatigués d’être soi et rien que soi, on se retourne vers les autres. Solidarité, générosité… Il ne s’agit pas seulement d’ « être ensemble » mais de se donner de l’énergie en se
rassemblant.
Une sorte de grégarité jugée plus gratifiante et porteuse de bien-être que cet insupportable égocentrisme qui, depuis plusieurs décennies, en avaient isolé plus d’un.
• Entre jeu et santé : l’avenir assuré d’un loisir de masse
« En moins de dix ans, la cuisine est devenue fashion », s’exclame un article du Figaro. Il n’a pas tort. Cet engouement que l’on voyait se profiler depuis plusieurs années, et que
certains prenaient pour une simple mode, atteint aujourd’hui toutes les classes d’âge, tous les milieux et presque tous les pays. Il faut dire que la crise économique qui a entraîné les Occidentaux
loin des restaurants, a servi de levier à une discipline à laquelle tous les prospectivistes prédisent une destinée exceptionnelle. Pour les destinations touristiques et les opérateurs, le champ
d’action reste illimité.
VEILLE-PRODUITS
• Nouvelles technologies : un kaléidoscope des innovations à venir
Les avancées permanentes et fulgurantes de la technologie, font partie des futurs les plus complexes à explorer. Alors que tous les jours, de nouvelles applications, fonctions, techniques… voient
le jour, se dotant d’une terminologie quasiment impossible à suivre, les comprendre constitue pour le profane un exploit.
Une grande partie d’entre elles, n’en sont pas moins les avatars naturels de ce mécanisme universel qui, désormais anime nos vie.
Pour éviter de donner le vertige aux non spécialistes que nous sommes tous, nous avons recueilli des prédictions fortes, nous semblant porteuses vraiment d’avenir, au fil du Web…. Sachant qu’il
faudra bien nous y faire, si nous ne voulons pas sombrer dans une indigence technologique malvenue.
VEILLE-MARCHÉS
• La génération des 40-55 ans : la génération « shaker »
Génération tampon entre des baby-boomers incapables de se retirer du devant de la scène et des trentenaires régulièrement sondés et décryptés du fait de leur jeunesse, la génération née
dans les années 60 à 1970, restait une population relativement obscure. Grâce à une étude de Reload pour la chaîne Vivolta, la carence est réparée et, cette population dénuée de marqueur
générationnel fort, livre quelques unes de ses caractéristiques comportementales.
• Que sera 2010 pour les voyageurs nord américains ? Local cocooning et réseaux sociaux
A l’orée d’une année 2010 qui sera encore marquée par une grande fragilité économique, la population nord américaine est en train de changer. Celle des voyageurs aussi. En ce début d’année, voici
les quelques grands changements d’ordre général prédits par Faith Popcorn, et son Brain Reserve, ainsi que ceux liés à l’industrie touristique.
VEILLE-SOCIOLOGIE
• La nature pour être heureux : Une explication anthropologique
La sagesse populaire a t-elle besoin d’un ouvrage scientifique pour se souvenir que l’homme a besoin de la nature pour se sentir mieux dans son corps et dans son esprit ? A l’heure où la
planète n’en finit pas de débattre sur les façon de sauver ce qu’il reste encore à sauver sur cette terre, toutes les explications permettant de mieux comprendre la relation de l’homme à la nature
sont bienvenues. D’autant que celles-ci sont à la fois scientifiques et anthropologiques. -2 fiches-