JANVIER 2011. NUMÉRO 132
La révolution du "pays ami" : devions nous aller bronzer à Djerba ?
Nul ne l’avait vu venir ! Ni les dirigeants occidentaux, ni la diaspora tunisienne, ni les voyagistes, ni les touristes
!
Depuis deux décennies, il semblait bien que les positions anti islamistes du pays, sa politique en faveur des femmes et de
l’éducation et sa grande ouverture aux investissements étrangers suffisaient à faire de la Tunisie un pays d’autant plus ami que l’on pouvait y envoyer bronzer des millions de touristes !
Pourtant, la révolution du jasmin n’a rien d’un simple chahut amplifié par des caisses de résonnance électronique. De toute évidence,
les 23 jours qui ont mené à la fuite du président Ben Ali sont l’événement le plus important pour la démocratie internationale depuis la Chute du Mur de Berlin ! Et pour la Tunisie, le moment est
bel et bien venu d’entrer dignement dans la cour des puissances méditerranéennes.
La révolution en cours en Tunisie ne doit donc pas se contenter de susciter des réflexes sécuritaires de la part des voyagistes et
des touristes. Même si ceux-ci sont parfaitement légitimes.
Alors que ce pays amplement visité par les Occidentaux s’est mué ces dernières années en une sorte de terrain de jeu pour Européens
en mal de soleil et de détente, qui plus est, économiquement accessible, tout en subissant un gouvernement corrompu, la question de la responsabilité du touriste et de l’industrie touristique
doit se poser d’autant plus vivement que de nombreuses destinations sont concernées par cette problématique.
Certes, un consensus fait loi selon lequel, mieux vaut ouvrir un pays au tourisme et y développer emplois et richesses que le
contraire. Mieux vaut donc la Tunisie que l’Albanie ! La cause est entendue.
Néanmoins, trop d’indulgence motivée par le seul appât du gain peut également nuire au fonctionnement d’une industrie qui s’est efforcée de pratiquer les tarifs les plus bas du bassin méditerranéen au détriment de ses salariés et au profit d’une dynastie « comprador ». Les employés de l’industrie hôtelière tunisienne, bien que moins mal lotis que les autres, restaient réduits à un rôle de serviteur malgré leur niveau d’instruction. Une situation intolérable qui devrait se modifier rapidement même si les tarifs de tous les « discounters » doivent augmenter et les touristes occidentaux devoir faire un petit effort financier pour aller bronzer à Djerba.
SOMMAIRE NUMÉRO 132
VEILLE-COMPORTEMENTS
Des touristes engagés ? Portraits « politiques » du touriste
A l’heure où le touriste responsable est devenu un personnage central de la comédie touristique, et joue sous les feux de la rampe sa
partition altruiste, généreuse, et éthique vis à vis de l’environnement et ses déclinaisons animales et végétales, on l’entend moins s’exprimer sur son engagement politique. Pourtant, dans les
pays où les populations souffrent de pauvreté et d’absence de liberté due à des régimes autoritaires, la responsabilité du touriste devrait être également engagée… Qu’en est-il exactement
?
Les nouvelles internationales : Couch-surfers et échangeurs : le meilleur des mondes
Le phénomène prend tellement d’ampleur que grandes chaînes de radio et télévision le découvrent les uns après les autres et le
présentent comme une nouveauté. C’est dire que le couch-surfing n’était pas une simple mode. Nouvelle formule d’hébergement avec laquelle il faut compter, son succès est aussi la preuve que le
monde dans lequel nous vivons n’a pas que des défauts ! Au contraire, toutes ces nouvelles pratiques dévoilent des comportements de plus en plus altruistes et jouent le jeu d’une « vie meilleure
», comme l’indique le slogan du site.
VEILLE-TENDANCES
« C’était mieux avant ! » : Le passé, toujours à la rescousse du présent
Connaître le moral de l’opinion n’est pas un luxe quand on cherche à lui vendre des vacances. Or, qu’on le veuille ou non, l’angoisse
et les craintes se sont multipliées. Pour les conjurer, les kits de survie aussi. Parmi eux, le culte d’un passé « vintage » continue de se développer, histoire de contrer un présent et un futur
jugés de plus en plus anxiogènes par toutes les générations.
VEILLE-MARCHÉS
Qui est la Génération Z ? Voyage dans le futur
Après la génération du Baby Boom, incorrigibles hédonistes qui n’ont finalement pas réussi à ne pas respecter les hiérarchies… Après
la génération X, nihilistes victimes des années d’apparition du chômage et du SIDA… et la génération Y déjà très accros aux technologies, la génération Z est l’objet de multitudes études. Elle
est en effet la première à avoir été élevée dans le high-tech par des parents high-tech. D’où ses caractéristiques comportementales exceptionnelles, sur lesquelles nous revenons une fois de plus
pour vous éclairer sur le futur.
La mobilité des Français et ses évolutions
En 2008, les français de plus de 6 ans ont effectué en moyenne 177 millions de déplacements locaux contre 166 en 1994. Autre
remarque, la part des personnes se déplaçant en semaine a augmenté d’1% passant de 84 à 85%. Avec une nette prédominance en milieu urbain dense où elle atteint 90%.
On peut également noter que les plus de 75 ans bougent plus puisqu’ils sont désormais 57% à effectuer au moins un déplacement
quotidien contre la moitié en 1994.
VEILLE STRATÉGIES
Le « collective buying power » ! Questions sur l’achat groupé
Cette nouvelle façon d’acheter née aux USA, pourrait bien devenir la prochaine coqueluche des acheteurs de voyages. En pleine
expansion, l’achat groupé est en effet en train de pénétrer tous les territoires de la consommation. En France et ailleurs. On l’appelle aussi le « discovery shopping » et, son slogan : le
« collective buying power » choisi par le plus puissant de ses acteurs, fait fureur. Mais, de quoi s’agit-il ?
La braderie numérique : Une overdose technologique ?
Si les offres d’achat groupé se développent, elles ne feront qu’amplifier les circuits de commercialisation déjà très encombrés qui
inondent la toile depuis quelques années. Une véritable jungle a en effet envahi le paysage touristique de la vente de voyages sur le Net. Pour le bien ou le mal d’un consommateur parfois
déboussolé qui affiche des opinions paradoxales vis à vis de cette prolifération numérique.
La montagne au futur : L’heure est-elle à la concurrence ?
A l’heure où le Club méditerranée ouvre son premier club d’hiver en Chine, dans la station de Yabuli, peut-on légitimement imaginer
que la France restera la première destination de sports d’hiver du monde ? Au contraire, est-elle menacée à moyen ou long terme par d’autres montagnes aux équipements et à l’enneigement plus
performants ?




