Mai 2010. Numéro 125
En attendant des jours meilleurs ?
L’annonce des plans de rigueur en Europe conjuguée à l’incertitude en France du sort des retraités et à un certain nombre d’autres
désagréments causés par les augmentations à venir des tarifs du gaz ou celle du nombre des chômeurs, n’incite pas à l’optimisme. D’autant que les gouvernements donnent l’impression de ne plus
être capables de maîtriser ni la dette, ni la situation de leur pays, face à une finance planétaire omni puissante et un gouvernement économique européen inexistant !
Quant aux intellectuels, philosophes et autres sociologues que l’on convoque dans le débat, ils ne mâchent pas leurs mots. Non seulement, tous sont d’accord sur le fait que nous perdrons de 10 à
20% de notre pouvoir d’achat dans les années à venir, mais Jacques Attali pour sa part dans son ouvrage best-seller « Tous ruinés dans dix ans ! » est encore plus alarmiste : nous courons à la
catastrophe, par excès de mondialisation, d’imprévoyance et parfois d’arrogance, retranchés dans une Europe désormais de plus en plus tentaculaire donc incapable de composer avec des situations
nationales diverses, incitant à plus de protectionnisme et de finesse.
Malgré l’annonce de l’organisation de l’Euro en 2016 qui pourrait générer sur notre sol la création de quelque 15 000 emplois, l’heure n’est donc pas à l’optimisme. Il serait même temps, répètent
les observateurs à l’unisson de passer à l’étape suivante, celle où l’on ne se contente pas de colmater en vain les brèches comme le géant du pétrole BP au large de la Louisiane, mais celle où
l’on réinvente le futur, en se retroussant les bras et en se creusant la cervelle, au risque de mécontenter non pas l’opinion, comme c’est l’habitude, mais les politiques.
Car, l’opinion c’est à dire les Européens, sont déjà passés à cette nouvelle étape : comme toujours dans les sociétés, les individus comblent les carences institutionnelles et inventent les
produits, les structures et les événements qui correspondent à leurs besoins du moment. Et cela d’autant qu’ils sont de plus en plus créatifs, comme le rappelle le sociologue Michel
Maffesoli.
C’est ainsi que, pour les vacances, ils échangent leurs maisons ou les louent.
C’est ainsi que les retraités songent à l’exil vers des terres étrangères, plus économiquement viables. C’est ainsi que les jeunes retournent vivre et passer des vacances chez leurs parents,
inventant ainsi de nouvelles formes de cohabitations…
Et c’est ainsi que l’industrie touristique, répétons-le une nouvelle fois, devrait intervenir un peu plus dans le débat et faire entendre ses vues, tout en faisant valoir ses compétences.
De quoi offrir à un plus grand nombre des jours meilleurs !
Sommaire du numéro 125
VEILLE- DÉBAT
• Story-telling à la française : nos vacances à tout prix
Incités par une offre pléthorique de destinations et d’activités de loisirs, à se divertir et à prendre des vacances, les Français sont les acteurs et les spectateurs d’un story-telling permanent
donnant la vedette au temps libre et au divertissement. Un phénomène tellement ancré dans leurs traditions qu’il devrait servir de guide pour l’avenir.
• Eloge de l’immobilité : Quand les voyages nuisent gravement à la
santé
La lenteur, le droit à la paresse et autres voyages immobiles faisaient déjà la une de notre rubrique tendances, il y a une dizaine d’années. Mais, aujourd’hui, les demandes de ralentissement et
même d’immobilité s’amplifient et deviennent le fantasme d’un nombre grandissant d’Occidentaux. Il faut dire que, dépassées les grandes émotions procurées par une agitation perpétuelle, la
dépression mine nos sociétés.
VEILLE-COMPORTEMENTS
• La génération Kangourou : elle part en voyages
Alors que les baby-boomers aujourd’hui « papy-boomers » avaient des goûts très
prononcés d’indépendance, et partaient sac au dos et, bracelets aux mains et aux pieds, leurs enfants n’en font pas exactement de même. Génération de Tanguy, acculée par la crise économique
à sacrifier son autonomie, les jeunes sont de plus en plus nombreux à partir avec papa et maman ! Un phénomène à double sens, à prendre en compte.
• Les jeunes et leurs tribus : leurs voyages en huit
styles
Segmenter la population des 18-30 ans, n’est pas chose simple. Néanmoins, une segmentation reste relativement pertinente, c’est celle qui s’appuie sur leurs styles de vie. Classés en dix tribus
allant des sportifs aux fashion-victimes, ils offrent une façon plus simple de décoder leurs pratiques de voyages à travers leurs modes de vie, leurs goûts, leurs aspirations. Mais attention, les
frontières entre tribus sont de plus en plus minces et mouvantes.
• Les digital natives aux commandes : comment répondre à leurs
attentes
Les digital-natives commencent enfin à intéresser les professionnels du tourisme. Grâce à une étude commanditée par Amadeus, il était temps que cette génération de jeunes âgés de 15 à 25 ans, qui
est née avec un écran sous les yeux et une souris dans les mains, soit radiographiée.
C’est de la prise en compte de ses attitudes en général et de sa façon d’appréhender le monde que dépendra en effet le succès de nombreux opérateurs touristiques.
VEILLE-TENDANCES
• Ecolo scepticisme : Où en sont les opinions ?
A l’heure où le développement durable constitue la préoccupation majeure des entreprises et des collectivités, où en sont les opinions et les attitudes des Français en la matière ? De nouvelles
enquêtes tentent de faire le point sur ce sujet sensible pour l’industrie touristique.
• L’été improbable : Des restrictions en vue
Cette année encore, les incertitudes vont bon train. Les Français vont-ils et dans quelle proportion, sacrifier au rituel des vacances estivales ? Mais, contrairement à l’an passé, les enquêtes
sur le sujet sont plus rares et moins complètes. A croire que la crise est aujourd’hui tellement ancrée dans les faits et dans les esprits, qu’il n’est plus utile de se questionner : l’été sera
bel et bien très « pauvre » comme le confirment, chacune à sa façon, plusieurs enquêtes.
VEILLE-PRODUITS
• Le dur labeur des sites institutionnels – une étude Easy-voyages-
Etre un site de tourisme
n’est pas chose facile. En quelques années, face à ce monde en perpétuelle révolution technologique, les utilisateurs sont devenus de plus en plus expérimentés, donc de plus en plus exigeants.
Pour inciter les uns et les autres à progresser, le site d’intermédiation : Easy-Voyages a confié à Médiamétrie, une étude sans pitié sur les sites de 62 destinations étrangères ! Les révélations
amères sont à méditer.






