Numéro 127. Septembre 2010
Un Américain à Paris ?
Malgré les bonnes performances de la capitale française sur les six premiers mois de l’année et le retour certain de quelques clientèles internationales, les Américains ne sont pas pour autant de retour, comme certains croient l’avoir compris. L’Office du tourisme de Paris a d’ailleurs été clair sur le sujet : « ils reviendront mais, ils ne sont pas encore revenus » ! Une évidence que la magazine Newsweek souligne dans son article « No Americans in France ». Selon Dan Gross, l’auteur, il lui a été quasiment impossible durant son été en Europe de rencontrer ses compatriotes.
D’ailleurs, selon les chiffres émis par l’administration américaine, les vols sur l’Europe ont enregistré une baisse de 6,7% sur les premiers mois de l’année. Et, si le déclin se poursuivait, il pourrait atteindre 17% par rapport à 2007 ! Pourtant, rien d’anormal ! La situation économique nord américaine n’a pas retrouvé ses couleurs et le chômage y est aussi élevé qu’en France, soit environ 10%.
Pour les vacanciers étasuniens, les « staycations » ont donc aussi été de mise.
Une «bad news» pour l’Europe, mais une excellente nouvelle pour les opérateurs locaux qui estiment que, globalement, les dépenses touristiques sur leur sol ont bondi de 14% par rapport à 2009,
grâce à leurs ressortissants, mais aussi grâce aux arrivées internationales sur le sol américain qui ont augmenté de 15% les premiers mois de l’année, générant des dépenses de 7% d’augmentation. Et cela, malgré la hausse du dollar !
Le malheur des uns fait donc le bonheur des autres. Et bien que l’on semble satisfaits en France, de l’arrivée de nouvelles clientèles lointaines : Russes : +54%, Chinois : +48%-, Moyen-Orientaux : +67%... Nord Américains et Européens n’en restent pas moins des clientèles « presque » de proximité dont une économie touristique peut mal se passer.
Par ailleurs, malgré une augmentation globale de 10% des arrivées étrangères en France, sommes nous capables de soutenir la baisse des clientèles britanniques et néerlandaises ? Et, pouvons nous estimer en sortie de crise avec une petite progression de 3% des Français dans l’Hexagone ?
Par les temps qui courent, les bonnes nouvelles remontent le moral, mais n’occultent-elles pas des réalités préoccupantes : de combien ont baissé les tarifs des hébergements et des séjours dans cette immense et perpétuelle valse des promotions à laquelle se livre l’industrie touristique depuis des années, notamment cette année ? Quelles sont les dépenses réelles des vacanciers ? Combien sont partis en vacances cet été ? Combien de temps ? Comment ?
Derrière les bonnes performances, la réalité est sans doute plus sombre, confirmant que l’amélioration de l’économie mondiale est réelle mais, pas pour l’Europe, ni pour les USA ! Le monde bascule bel et bien !
... En attendant, bonne rentrée à tous, et retrouvez Touriscopie tous les mois pour de nouvelles tendances, nouvelles évolutions sociétales, nouveaux comportements, nouveaux produits...
SOMMAIRE Numéro 127
VEILLE-COMPORTEMENTS
Les nouveaux publics urbains : Quand villes et parcs à thèmes se confondent
Le tourisme urbain a le vent en poupe. Les parcs à thèmes aussi. Différents et proches à la fois, ces deux territoires semblent de plus en plus se confondre et se concurrencer aux yeux des analystes. L’exposition Dreamlands au Centre Pompidou en a été la nouvelle preuve. Au delà du bavardage intellectuel, il semblerait bien que la ville confirme sa vocation d’espace de loisirs à part entière. D’autant que ses publics affichent des comportements comparables…
L’essor des touristes non-marchands : une prolifération favorable à la pacification de la planète
Réseaux sociaux, sites dédiés… la palette des hébergements non marchands ne cesse de croître et de se diversifier. La crise économique aidant, cette forme de tourisme historique qui offre de réelles opportunités économiques à ses adeptes, n’en est pas moins le moteur de nouveaux liens. Favorisant l’échange, le tourisme non marchand représente sans doute une chance réelle d’évoluer vers une planète plus « friendly ».
Des enfants qui veulent rester enfants : autonomie, sécurité, jeux divorce
Autre temps, autres mœurs ! Le règne de l’enfant roi est-il en train de s’achever ? La crise aidant, il est évident que les parents commencent à serrer les boulons et à rétablir une autorité défaillante. Ils ont également tendance à vouloir développer l’autonomie de leur progéniture au détriment du jeu et du rêve. Des erreurs à ne pas cautionner quand on vend aux familles, des vacances !
VEILLE-TENDANCES
Insolite : une boîte à idées : Et, le creuset de l’innovation !
En matière de créativité, l’industrie touristique de masse n’est pas très performante. Les vraies nouveautés restent rares. En revanche, un tourisme de taille humaine, invente tous les jours une nouvelle offre dite « insolite » qui, quand elle rencontre le succès, porte tous les ingrédients de l’offre touristique de demain. Qui veut inventer, se doit donc d’observer et d’utiliser comme une boîte à idées, ce fourmillement imaginatif qui a les capacités de séduire tous les publics, qu’elle qu’en soit la nationalité.
Les nouvelles façons de manger : Des potagers privés à la « crusine »
Nos racines paysannes n’ont pas fini de nous rattraper. Devant le désastre de la malbouffe, les élites ne jurent plus que par le frais, le naturel, le bio… De nombreux particuliers pour leur part, ont pris les choses en main. Ils jardinent, cultivent, cuisinent… parfois cru. En revanche, la restauration touristique a encore du mal à surfer sur cette vague. Un tort !
VEILLE-MARCHES
Radiographie des festivaliers : un public éclectique mais homogène à la fois
Les festivals comptent indéniablement parmi les grandes richesses culturelles et touristiques hexagonales. Durant l’été, 1800
manifestations se disputent les faveurs du public. Des plus élitistes aux plus populaires, elles accueillent, des milliers de spectateurs. Une audience non négligeable que quelques études
permettent de mieux connaître…-2 fiches-
VEILLE PRODUITS
Retraites au soleil : une industrie ad-hoc s’organise
D’une année sur l’autre, le phénomène se confirme et se développe. Passer sa retraite au soleil deviendra, sans nul doute, le fait non pas d’une marge cosmopolite mais celui d’une classe moyenne de retraités, attirés par une vie plus confortable et moins onéreuse, sous des climats plus tempérés. Dans la foulée des Nord-Américains, les Européens commencent à prendre le large, tandis qu’une industrie toute entière se met en place.
Villes : La culture « dreamland » comme nouvelle animation
Si les publics urbains changent, n’est ce pas également parce que la ville prend des visages de parcs à thèmes ? Créant de nouveaux espaces urbains, elle invente aussi de nouveaux événements dont le caractère festif cible un public plus populaire et jeune, en quête de divertissement, plus que de culture et de savoir.




