UN MONDE EN QUÊTE DE RÉENCHANTEMENT
Numéro 128-129. Octobre 2010
Les lendemains qui chantent ne sont pas pour aujourd’hui ! A en croire le spectacle de la rue, ce monde ne tourne pas dans le bon sens. Plus chanceux que les autres, quelques touristes ont heureusement le privilège de pouvoir profiter des coins les plus exceptionnels de la planète. Attirés par les promotions d’arrière saison, ils jouent les « sun-breakers » avec d’autant plus de facilité qu’on leur assure désormais même le soleil !
A une époque perçue comme difficile par une grande majorité des Occidentaux, le secteur touristique est paradoxalement capable de sécuriser ses clients sur tous les
plans : le prix, la qualité et même la météo !
Cela lui suffira-t-il pour s’en sortir, à l’heure où les analystes ont des doutes quant à une réelle reprise ? Rien n’est moins sûr.
Combinant technologies, principes de précaution et autres astuces commerciales, ce secteur se sent redevable de plus… Mais de quoi ? D’un colloque à l’autre, de réunions en réunions, le diktat de l’innovation figure dans tous les programmes. La dernière Université d’été du tourisme rural qui s’est déroulée dans l’Ain, n’a pas dérogé à la règle. A la campagne comme ailleurs, il convient d’habiller de neuf les équipements, les animations, les stratégies de communication et de commercialisation, imitant en cela quelques initiatives locales qui ont bel et bien démontré le dynamisme régnant dans ce secteur hétérogène dont l’avenir est loin d’être entièrement prévisible.
Tiraillée par des villes au destin hésitant et une agriculture en quête de renouveau, la campagne ne constitue pas le territoire le plus facile à développer. Pourtant, elle est le territoire où les projets quelle qu’en soit la taille, ont le plus de chance de trouver la place de se construire et d’aboutir. Porteur de valeurs essentielles, la campagne est en effet passible de réenchantement.
Un réenchantement séculaire chanté par les poètes grecs comme les philosophes des Lumières : Horace, l’auteur du fameux Carpe diem n’écrivait-il pas : « Ô campagne,
quand te verrai-je ? Quand pourrai-je lire mes vieux auteurs, dormant, me reposant de cette vie agitée ? » alors que Rousseau, après avoir vendu sa montre, choisit de se décharger du fardeau de
la ponctualité pour aller rêver dans la nature en promeneur solitaire… Précèdent l’exemple de toute une génération d’écrivains américains en guerre comme la société industrielle naissante et ses
ravages sur la nature… Innover donc, réenchanter aussi… Mais, en évitant la technocratie et les modèles fournis par d’autres territoires !
SOMMAIRE NUMÉRO 128-129
Veille-tendances
• Danger voyages ! Les garanties à tout prix
Est-il bien raisonnable de sécuriser à ce point le touriste alors que les impondérables et l’aventure sont inscrits dans les gènes du voyage ? Par les temps qui
courent, les garanties se multiplient… Un signe des temps mais qui n’est probablement pas un très bon signe !
Veille-comportements
• Deux ans après la crise : Les nouvelles postures
La crise a t’elle modifié de façon durable ou pas les comportements des Européens ? Et celui des touristes ? Après deux ans de mal de mer, alors que la reprise peine, la société démontre une fois de plus ses formidables capacités à s’adapter au changement.
• Les mobinautes sur la sellette : Les effets pervers du smartphone
Si les opérateurs de téléphonie se frottent les mains devant l’amplification du marché des téléphones « intelligents », il n’est pas certain que cette nouvelle performance de la technologie soit exempte d’effets pervers. C’est même tout le contraire. Quant aux touristes, ils sont à la fois les victimes et les bénéficiaires de cet engouement ! Comment ?
• Destinations et enseignements comportementaux : Les constantes se maintiennent
Il va de soi que les temps ont changé au royaume des voyagistes et de leurs distributeurs : des glissements s’opèrent, des destinations et des formules vivent et
meurent. Révélateurs d’un marketing de l’offre, ces changements révèlent aussi en filigrane les fondamentaux des attentes des voyageurs… Lesquelles sont finalement plutôt constantes !
Veille-marchés
• Générations + de 50 ans : Rebelles et complexes
D’une étude à l’autre, les plus de cinquante ans qui constituent un sujet de recherche récurrent, confirment leurs spécificités et en dévoilent de
nouvelles.
Le premier baromètre Vauban-Humanis/ Harris Interactive d’une part et l’enquête CSA pour Pleine Vie consacrée entièrement aux femmes de soixante ans, éclaircissent
le portrait d’une génération complexe, rebelle, défiant les codes…
Veille-stratégies
• Les mots pour le dire : le vocabulaire touristique à l’épreuve de sa médiocrité
Les mots importent bien plus qu’on ne le croit. Premiers vecteurs d’une représentation, ce sont eux qui donnent à un produit sa séduction. Et pourtant, le vocabulaire touristique ne fait pas toujours rêver. Faute d’avoir été pris en considération et peaufiné, il se contente d’approximations et de termes empruntés à d’autres univers sémantiques. Comme si les mots comptaient moins que les images !
• Exotisme et nature : une terminologie délicate
Que veulent dire exactement ces deux mots utilisés à tort et à travers dans le langage touristique ? La parole aux linguistes…
Veille-produits
• Une campagne en devenir : Les scénarii du futur -2 fiches-
Espace encore disponible dont la population ne diminue plus mais au contraire augmente, l’espace rural n’a pas encore dit son dernier mot quant à son avenir. Le
tourisme vert non plus. D’autant que les paramètres qui les formateront font partie des grandes inconnues des décennies à venir...




